Ambiances estivales

Quand le Nouveau Pavillon ferme ses portes l'été

Où retrouver vos musiques préférées quand le Nouveau Pavillon fait relâche pour cause de congés d’été ? Les vacances sont la saison des festivals. Beaucoup ont été touchés par des restrictions financières. Mais en dehors des grands rassemblements généralistes – ceux dont la presse parle – les musiques trad’ actuelles ont encore beaucoup à offrir. Sans aller trop loin, la diversité et la qualité sont à portée de main et de portefeuille.

Pour commencer dépliez une carte de France et pointez le doigt au milieu. Tout près de la Châtre, Le son continu en juillet a pris le relais, depuis quelques années, du mythique festival des Maîtres Sonneurs de Saint-Chartier. Concerts et animations s’y déroulent autour du noyau central constitué de 130 stands de luthiers. Cette concentration crée un mouvement, une attraction pour un public où le pourcentage de pratiquants est élevé. Priorité aux vielles et aux cornemuses de toute l’Europe mais place aussi aux percussions, flûtes, accordéons diatoniques, etc. L’occasion de retrouver des exposants vus à Eurofonik : Jean-Claude Condi et ses nyckelharpa, Thierry Bertrand et ses veuzes…Après trente ans de fréquentation assidue de l’événement on peut toujours y faire des découvertes, comme cet octodyna, nouvel instrument à anches libres mis au point à Saint-Nazaire ! C’est une évidence, cette diversité instrumentale et cette inventivité de la lutherie est une des caractéristiques principales des musiques traditionnelles. En quittant le château de Saint-Chartier, cher à Georges Sand, pour celui d’Ars, le festival a perdu un cadre incomparable mais a conservé une ambiance qui suffit à faire déplacer chaque année les afficionados. Venir là pour la première fois c’est s’en prendre plein les yeux et les oreilles. Y revenir régulièrement sans être blasé c’est plutôt bon signe.

Si le Nouveau Pavillon vous manque vraiment, un détour par les Deux-Sèvres s’impose. Le Bouche à Oreille à Parthenay offre une programmation qui rejoint souvent celle du Nouveau Pavillon. Cette année, du 28 juillet au 1er août, on y retrouvait les Jacques Puech, Manu Théron, Sophie Cavez et Balthazar Montanaro, Jean-Louis Le Vallégant, sans oublier nos « Nantais » Robin-Girault-Hamon dont le spectacle La Circulaire est au programme de la saison 2015/2016 (jeudi 17 décembre – soirée Noël à la Zim). Parthenay est un festival à taille humaine, dans tous les sens du terme. Accessible, détendu, éclectique…le Bouche à Oreille donne vraiment la sensation d’être en vacances et permet de se retrouver autour de musiques, chansons ou danses. À fréquenter pour le programme et ses à cotés. Concentré sur les rives du Thouet dans le cadre de la vieille ville, c’est un rendez vous incontournable à seulement 1 heure et demie de Nantes. Le bal de clôture 2015 avait vraiment belle allure. La connexion entre le public et les groupes était incroyable !

Justement, si les concerts ne vous suffisent pas, si vos jambes ont la bougeotte, faites-vous prescrire une semaine de cure en Auvergne. Saint-Gervais, au cœur des Combrailles, est le second avatar des Grands bals de l’Europe initié par Bernard Coclet. Cette semaine de danses trad’ de toutes provenances est le pendant aoûtien du rassemblement juilletiste à Gennetines, près de Moulins. Beaucoup de découvertes également dans ces lieux : des danses bien sûr, des animateurs passionnés, des groupes d’une grande qualité. Pour cette édition, les bals animés par les compères de Ciac Boum (à retrouver le samedi 28 mai 2016 en clôture de saison du Nouveau Pavillon), Pacher, Thébault et Padovani ont tenu la vedette. Plus un mètre carré de libre sur le parquet et beaucoup de monde autour.

Auvergne oblige, la bourrée est reine sur ce territoire. Les musiciens locaux, avec une moyenne d’âge peu élevée, vous font découvrir des pas et un style qui n’ont rien à voir avec les sauts de kangourous baptisés bourrée dans certains festou-noz. Et si vous en voulez plus vous pouvez passer de la polska suédoise aux sauts basques et béarnais ou aux rigodons du Dauphiné. L’intérêt de cette semaine c’est l’ouverture sur l’autre : autres danses, autres musiques, autres gens. Cela reste une découverte, pas un enracinement, mais donne vraiment envie de faire connaissance avec d’autres traditions, d’autres expériences.

Ça tombe bien, le Nouveau Pavillon est là pour ça.

Par Jean-Louis Auneau