La parole du Krak’

16 septembre 2016

Juillet 2016, je reçois le numéro 168 de Trad’Magazine. Je trouve que la nouvelle formule orchestrée par Philippe Krümm a décidément de la gueule. On y lit des interivews sur l’AMTA, la Novia, Super Parquet ou encore l’excellent Jean-Luc Thomas, des articles de fond sur la discographie auvergnate ou quelques compte-rendus de festivals intéressants. Je lis (et regrette aussitôt d’avoir lu) la sempiternelle, aigre, réactionnaire et courageusement anonyme logorrhée dudit Epistemologix (qui cette fois affirme que quand on a un goût éduqué on n’aime pas le rap – sic !). Et je tombe page 100 sur l’excellent entretien que David Krakauer a donné à François Mauger. Je ne résiste pas à l’envie de vous en citer in extenso quelques passages qui résument la manière de voir les choses que nous défendons au Nouveau Pavillon depuis une douzaine d’années :

« Je veux continuer de créer, continuer de provoquer. Il est important de provoquer le public. Je ne crois pas que la musique devrait ressembler à ce que nous écoutons en ce moment dans ce hall d’hôtel : une sorte de papier peint sonore. La musique devrait être provocante. Elle devrait empêcher les gens de dormir la nuit. Elle devrait les faire rêver, les pousser à prendre des positions politiques, à essayer de changer le monde. Le monde est malade. Nous les artistes avons une responsabilité. Nous devons essayer de réunir les gens par la musique. Chaque disque est un point de rencontre, de styles, de personnes. (…) Pour moi il y a deux sortes de musique : la bonne et la mauvaise. Lorsque j’entends les jeunes groupes qui font de l’imitation, en général ça ne m’intéresse pas. Pourquoi perdre son temps à ça ? Les vieux disques sont extraordinaires. Et puis cette culture est morte. Mais nous on est là, on est en vie, dans une autre situation. »

Tout est dit.

Sylvain Girault