Rencontre avec la chanteuse Maddi Oihenart

Romain Baudoin (Artús) lui a posé 3 questions

Maddi Oihenart sera en concert (quasi complet) le 12 novembre prochain.
Découvrez son interview par Romain Baudoin (Artús).

D’où te vient cette envie de chanter ? Peux-tu nous raconter brièvement ton parcours atypique de chanteuse souletine ?
L’envie de chanter, à vrai dire je ne sais pas, c’est arrivé alors que je ne l’avais pas envisagé. Mais par contre je sais que c’est venu remplacer un rêve que je n’ai pas réalisé. J’avais déjà presque 40 ans quand j’ai chanté devant un public, chose qui me semblait totalement irréelle au début, et inenvisageable pour moi.

Comment choisis-tu ton répertoire de chant au milieu de cette immense sonothèque ?
Le choix des chants, c’est d’abord des textes qui trouvent écho en moi, et en fonction des périodes ça peut traduire révolte, rébellion ; ou à d’autres moments le besoin d’apaiser, de relativiser, de transmettre de la douceur de vivre… La vie avec ses questionnements, ses joies ses peines… Et aussi des mélodies qui méritent vraiment d’être transmises. Et particulièrement quand l’alchimie opère entre émotions, musique et textes, évidemment ça se passe bien !

Peux-tu nous donner 3 ou 4 noms de chanteuses qui t’ont marquée ?
Je peux citer des personnes qui me touchent : Luccilla Galleazzi, (pour le soleil qu’elle porte en elle), les chanteuses bulgares (fierté, précision, assurance dans leurs voix), Lhasa (peut-être la fragilité et la manière dont elle défendait ceci), Yandé Codou (femme africaine par excellence) et beaucoup d’autres encore…
J’ai été très touchée de voir comment des femmes dans les montagnes géorgiennes ont gardé tout leur répertoire : pour adoucir les vaches à l’heure de la traite, ou bien soigner un bobo à l’enfant, ou bien l’endormir… Aujourd’hui encore toutes les choses de la vie quotidienne sont bercées par des mélodies ancestrales jusqu’aux rites très anciens comme d’accompagner un jeune défunt sur le chemin de vie qu’il n’a pas eu le temps de vivre. Très émouvant assurément !
Le monde recèle de richesses, et souvent les femmes sont celles qui les transmettent.