Spontus à Eurofonik

Une grosse envie de faire danser le public

Ils joueront sur la grande scène de Stereolux lors de la soirée finale du festival Eurofonik. Nous les avions rencontrés en septembre lors de leur semaine de travail en résidence au Nouveau Pavillon.
Qui sont les Spontus ?

Spontus & ManuSabaté en trois mots et juste trois mots, ce serait quoi ?
Danse, Gralla, Rythme.

Vous êtes 6 sur scène, pouvez-vous nous dire qui est qui ?
Les 4 Spontus : Alan Paranthoën au violon, Yann Le Bozec à la basse et à la contrebasse, Erwan Bérenguer à la guitare, Youen Paranthoën à l’accordéon.
20 ans de groupe et toujours cette grosssssssse envie de faire danser notre public, de les surprendre, de travailler cette matière incroyable qu’est la musique à danser de Bretagne.

Et les 2 invités : Hugo Pottin et Manu Sabaté.
Hugo (batterie) a été la rencontre parfaite : un musicien à l’écoute, ouvert, passionné par la polyrythmie et le rapport du corps au rythme. Et Manu Sabaté un miroir catalan de ce que nous faisons avec la musique d’ici depuis 20 ans. Au-delà de leurs qualités musicales et scéniques, Manu et Hugo sont très vite devenus deux amis qui trouvent leur place dans le fonctionnement du groupe, et nous apportent leur vision de la musique, leurs qualités humaines. Ils donnent ainsi un nouveau sens à cette rencontre.

Quelle est l’origine de Spontus ?
Spontus a été créé en 1996 pour participer au concours régional inter-lycées. Cela a aussi correspondu à une période où les frères Paranthoën avaient envie de jouer en groupe, et où Erwan Bérenguer commençait à s’intéresser de très près à la musique bretonne. Ensuite, la passion pour ce répertoire, ces interprètes, ces lieux de musique, etc. nous a très vite extrêmement soudés.

Et la rencontre avec le joueur de gralla catalane Manu Sabaté ?
Dans un festival au Pays Basque, Yann et Erwan ont rencontré Manu après un concert et ont sympathisé. Yann a recroisé Manu ensuite au Babel Med et lui a proposé de venir faire un
tour en Bretagne. On s’est réunis pour la première fois en 2014, dans une grange à Ploemel. On a monté la sono le matin, Manu et Hugo sont arrivés pour manger avec nous, on a répété
pendant trois heures, et le soir on a fait notre premier concert…

Qu’est-ce que cette rencontre apporte au projet d’origine ? Quelles sont les différences et les connexions entre la musique à danser bretonne et la musique à danser catalane ?
Avec ces deux nouveaux musiciens, nous avons choisi de travailler pour l’instant uniquement le répertoire de musique de danses de Bretagne. Hugo apporte un lien considérable dans les
arrangements, et même permet de révéler certaines intentions que Youen a eu quand il a composé la musique et que nous n’arrivions pas à rendre en la jouant à quatre. Manu donne de
l’ouverture à cette musique, montre qu’elle n’est pas fermée sur une tradition, qu’elle n’entretient pas un rapport nauséabond avec ses origines.

Existe-il en Espagne l’équivalent du fest-noz français ?
Oui il y a évidemment des bals folk, des occasions de danser liées à des manifestations « calendaires » et des festivals de musique du monde qui laissent la part belle aux musiques traditionnelles d’Europe.

Vous êtes programmés dans la 5ème édition du festival Eurofonik en mars 2017. Vous diriez quoi à quelqu’un qui n’écoute pas de musique trad’actuelle pour qu’il vienne découvrir Spontus & Manu Sabaté et le festival ?
On lui dirait que l’appellation « trad’actuelle » c’est un peu comme le label « bio », ça veut pas dire grand chose. On lui dirait que venir voir Spontus à Stereolux pendant le festival Eurofonik, ça peut sembler comme d’acheter des produits bio au supermarché … mais on lui dirait surtout qu’il y a des histoires de valeurs, de saveurs, d’humains derrière tout ça. Et que nous avons envie de diversifier, changer, questionner, éclairer différemment … et ça peut permettre de se sentir un peu renouvelé, un peu plus ouvert, un peu plus curieux … et de beaucoup s’amuser !